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Retour en Haute-Marne à la cure d'Ambonville ( 1882-1886)

  • 1882 ( Septembre ): souffrant d'une laryngite chronique. Le chanoine LEGENDRE a demandé son rapatriement en France et il obtient satisfaction pour septembre 1882. Il revient dans le diocèse de Langres, sous l'autorité de Marc BOUANGE, âgé de 70 ans. Cela fait presque 21ans qu'il a quitté la métropole.

  • 1882 – 1884: l'évêché le nomme vicaire de l'abbé BAVEUX, curé d'Ambonville qu'il connaît bien. Âgé de 87 ans, l'abbé BAVEUX est à la tête de la paroisse depuis 58 ans !

  • 1884 ( Avril) : mort de l'abbé Jean-Baptiste BAVEUX début avril. L'abbé remy-Nicolas LEGENDRE est désigné officiellement le 11 avril pour le remplacer à la cure. Il prend pour gouvernante Marie-Anne, de un an son aînée, nom de famille inconnu mais peut-être parente. Excellent cordon bleu, parole de chanoine ! C'est à partir de ce moment que l'abbé note de plus en plus d'événements et surtout les brouillons de ses courriers su nombreux dans deux registres que j'ai baptisés « journal « On le sent vite las et désireux de bénéficier de la retraite, non pour se laisser aller car c'est un homme d'action, mais pour entreprendre l'œuvre de la fin de sa vie et à laquelle il aspire depuis si longtemps.

  • 1886 ( octobre) : l'évêché de Langres accepte enfin la démission de l'abbé et l'autorise à se retirer à Flammerécourt. Le chanoine LEGENDRE peut quitter Ambonville avec sa vieille bonne Marie-Anne et son petit mobilier le 10 Octobre 1886

La retraite à Flammerécourt 1886 1894 – l'œuvre du petit sou des livres d'Église.

La maison qu'il habite à Flammerécourt doit être celle que mes grands-parents paternels VASSART vont acquérir vers 1919-1920, mitoyenne au bâtiment mairie-école et disparue aujourd'hui. C'est là qu'il va vivre jusqu'à sa mort en 1894, en se manifestant à bien des égards et il sera difficile d'évoquer toutes ses activités ou toutes ses réactions en quelques pages ! En tant que prêtre à la retraite, il se trouve de fait vicaire de la paroisse de Brachay, englobant alors Flammerécourt et dont l'abbé Philippe Gustave AUBRIOT. Il va prendre à ce titre quelques initiatives, comme celles de renouveler les vases sacrés en demandant une « chapelle « au Vatican ç l'occasion du jubilé sacerdotal du pape Léon XIII et les missels par une commande à ses frais à l'imprimeur-éditeur MAME à Tours. Il trouve que l'église Saint-Rémi frôle l'indigence.

CADASTRE NAPOLEON: Source Archives Départementale 52

Cadastre-Flam

Lui-même souhaite vivre honorablement et il se démène sans cesse pour obtenir une retraite acceptable. Celle-ci se compose d'une pension de l'état par le ministre des cultes et d'une allocation de la Caisse de Secours diocésaine. Le chanoine fait appuyer ses demandes à l'administration par M. Jean-Baptiste Fernand DANELLE-BERNARDIN, maître de forges à Louvémont, député puis sénateur de la Haute-Marne, ou encore plus tard par M. Albin ROZET, maître des forges au Closmortier de Saint-Dizier, député à compter de septembre 1889. De toute façon, rien ,'arrête sa plume et il mobilise le service postal local comme à nul autre pareil.

Le montant de sa pension de retraite atteindra 1000francs annuels au maximum, tout confonfu. Certes, il avait le grand projet de créer l'œuvre du Petit Sou des livres d'Église dans le cadre de sa mission apostolique, mais sa situation matérielle l'y pousse tout autant comme elle l'entraîne à vouloir produire une machine mécanique pour la vendre à échelle. A ce sujet, son imagination débordante, pour ne pas dire excessive. J'y reviendrai plus loin.

  • 1887 ( 1er Octobre ): le chanoine crée l'œuvre de la fin de sa vie et qu'il considère comme partie intégrante de son apostolat. Il la baptise « œuvre du Petit Sou des livres d'Église » à donner aux enfants pauvres. Cette oeuvre repose sur des ouvrages de sa composition, dont le principal et le Paroissien des Enfants, mais il a aussi écrit l'opuscule du servant de Messe; le Paroissien des Enfants de Marie et le tableau des chants du Prêtre à l'Autel, entre autres. Bien sûr, ces livres ou plaquettes seront payés par les curés souscripteurs. Le volume de ces publications a été impressionnant, le paroissien atteignant plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires à lui seul lorsqu'il est diffusé dans près de 80 diocèses. Le chanoine a su créer un système de notation musicale adapté au plein-chant retenu dans les différents diocèses. S'il est excellent musicien et s'il connait les travaux des maîtres anciens, il est aussi en relation avec les spécialistes de musique religieuse de son époque. Les démarches multiples qu'il doit entreprendre ne seront pas détaillées ici. Bien sûr, il recourt au service de plusieurs imprimeurs-éditeurs, dont le premier sera M. Victor MARTELET, de Troyes; MM. ZECH & Fils, de Braine-le-Comte en Belgique et M. Arthur GUYOT, de Pierre-la-Treiche, près de Toul. Une pareille entreprise, réalisée avec les moyens de communication de l'époque, apparaît stupéfiante.

  • 1888 ( janvier): Victor MARTELET effectue la première impression du Paroissien des Enfants Chant de Dijon qui couvre le diocèse de Langres. La mise en vente se fait aussitôt et le succès est immédiat et cosidérable.

  • 1888 ( juin ) : s'il se dit politiquement libéral et partisan de l'émancipation du bas clergé, comment ne pas noter que le vieux prêtre sait vivre avec son temps: ainsi demande-t-il à son ministère de tutelle un e allocation pour se rendre en cure thermale à Enghien-les-Bains, en prècisant bien que cela fait plusieurs années qu'on la lui accorde … Autant dire qu'il se trouvait bien loin de la tradition flammerécourtoise !.

  • 1889 ( 1er Juin ): l'abbé remy-Nicolas LEGENDRE s'allie au curé de Blécourt, l'abbé André MARQ, par deux traités commerciaux pour la vente de l'opuscule Évangile des Enfants et de l'ouvrage Paroissien des Enfants, Chants de Valfray, édition ZECH et Fils: ces deux traités fixent les conditions de vente et réservent les droits d'auteur du chanoine. L'abbé MARQ, natif d'Allichamps est le successeur de l'abbé François RENAUT, mort en 1887 et ami du chanoine. Cet abbé RENAUT a marqué l'histoire de Blécourt en faisant entreprendre d'importants travaux de rénovation de sa belle vieille église de pélerinage.Cette démarche entre le chanoine et l'abbé MARQ pourrait paraître on ne pleut plus normale et banale si le curé de Blécourt avait été un honnête homme. Hélas, l'avenir va révéler qu'il a déloyalement changé une phrase dans chacun des deux traités, manœuvre effectuée lors des transactions intermédiaires entre les deux prêtres. Il a ensuite soumis les documents à la signature du chanoine en se gardant bien de le prévenir de la modification. Ce dernier signe en toute confiance? Ce sera que lorsque l'abbé de Blécourt fera jouer les clauses modifiées que le chanoine découvrira un peu tard la malhonnêteté de son désormais associé ! Il s'est fait jouer, mais il ne va pas s'avouer vaincu, comme l'avenir le fera découvrir.

    1889 ( août ) : pour le moment, rien n'a encore percé et le chanoine poursuit ses démarches avec la ZECH et fils pour une commande considérable, en concurrence avec celle qu'il a chez l'éditeur troyen MARTELET. Comme il doit s'y attendre, l'amélioration de son état financier ne peut-être ignoré de l'évêché de Langres. Dés le 23 août 1889, il lui est demandé un état de ressources. Il fait une réponse embarrassée, mais le vicaire général HUTINEL ne transige pas et l'allocation diocésaine lui est retirée en totalité quelques jours plus tard.
  • 1889 ( 1er septembre ): Le conflit entre le chanoine LEGENDRE et l'abbé MARQ éclate officiellement, soit un mois après la mise en vente du paroissien noté avec le chant Valfray. En fait, c'est en empêchant la vente de cet ouvrage par M. Victor MARTELET que le curé de Blécourt nuit aux intérêts propres du chanoine, auteur et caution de son éditeur troyen. L'affaire prend une tournure complexe et difficile à interpréter. L'imprimeur-éditeur MARTELET aurait sorti lui-même un paroissien avec le chant Valfray-Digne et ce n'est qu'après que le chanoine en accepta la paternité, non sans quelques mouvements d'humeur et des tiraillements entre les deux hommes.

  • 1889 ( 24 octobre ): Le chanoine LEGENDRE et Victor MARTELET se lient par un traité commercial dit de « Valfray-Digne » afin que l'éditeur reçoive l'exclusivité de la vente du paroissien dans les diocèses suivant le chant de Digne, avec la notation de Valfray. Les deux alliès se livrent à une manipulation de la date d'enregistrement de leur traité pour la rendre antérieure à celle des traités LEGENDRE-MARQ, c'est à dire au 1er Juin 1889! Comment, sinon avec la complicité d'un notaire complaisant? Cette manœuvre, non éclaircie, se révélera en tout cas une tactique déterminante dans les futurs procès. Le vieux chanoine prépare ainsi sa revanche sur le curé de Blécourt qui l'a trompé.

    Le différend entre les parties MARQ et LEGENDRE-MARTELET concerne inévitablement les éditeurs Belges ZECH & Fils. Un autre adversaire apparaîtra bientôt, en l'occurrence l'éditeur marseillais MINGARDON qui a la prétention de posséder le monopole de vente des ouvrages religieux dans tous les diocèses du sud de la France, entre Aquitaine et Provence! Dans cette bataille de chiffonniers imminente, le chanoine est la première victime puisque ses droits d'auteur lui sont coupés dès le 1er septembre 1889, avec la compromission simultanée de son Œuvre du Petit sou des livres d'Église.

    A ce point de l'affaire, on peut aussi se demander pourquoi les abbés LEGENDRE et MARQ n'ont pas confié leur litige à l'officialité épiscopale de Langres, l'évêché le leur reprochera plus tard, mais le dogme pouvait-il concilier les intérêts en cause?

  • 1890: C'est l'année où chacune des parties précises ses intérêts, justement, en essayant de convaincre l'adversaire à l'amiable, mais aussi en élaborant ses moyens de défense.

    Comment faire le résumé de la vie du chanoine sans léser certains aspects? La procédure judiciaire ne pourra pas en tout cas être rapportée dans son intégralité et sera limitée aux faits essentiels

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